Accueil, santé, alimentation, logement, engagement associatif… La vie étudiante occupe une place centrale dans le projet de l’Université Catholique de Lille. Dans le premier numéro de Campus en vie diffusé sur RCF, Caroline ROUSSEL, Directrice Générale de l’IESEG, et Piero TURCHI, Directeur de l’ISTC, tous deux Vice-Présidents Vie étudiante de l’Université Catholique de Lille, expliquent comment l’Université accompagne ses 44 000 étudiants dans toutes les dimensions de leur parcours.

Ne pas réduire l’université aux études

Cours, examens, diplômes : l’image traditionnelle de la vie universitaire se concentre souvent sur la réussite académique. Mais pour l’Université Catholique de Lille, le parcours d’un étudiant ne peut pas être envisagé sous ce seul angle.

« Un parcours d’apprentissage ne peut être réussi et épanouissant que si on prend en compte toutes les dimensions de la vie étudiante », explique Caroline ROUSSEL.

Directrice générale de l’IESEG, elle exerce également la fonction de Co-Vice-Présidente Vie étudiante de l’Université Catholique de Lille. À ce titre, elle participe à une réflexion qui dépasse les frontières de son établissement : comment créer les conditions permettant à chaque étudiant de réussir, de s’épanouir et de construire son projet personnel et professionnel ?

La réponse se trouve notamment dans une conception globale de l’accompagnement. Formation et acquisition de compétences restent au cœur de la mission universitaire, mais elles doivent pouvoir s’appuyer sur un environnement favorable : logement, alimentation, santé physique et mentale, sport, relations sociales, engagement et équilibre personnel.

Cette ambition est structurée dans le Schéma Directeur de la Vie Étudiante.

Faire université malgré la diversité des parcours

Avec près de 44 000 étudiants, dont environ 27 000 sur la métropole lilloise, l’Université Catholique de Lille rassemble une population particulièrement diverse.

Facultés, écoles et instituts accueillent des étudiants aux profils, aux formations et aux rythmes très différents. Cette diversité est une richesse, mais elle pose également une question essentielle : comment permettre à chacun de se sentir membre d’une même communauté ?

Pour Caroline ROUSSEL, la réponse passe par un socle de valeurs communes et une même vision du projet éducatif. Chaque établissement conserve sa personnalité et ses propres modalités d’accompagnement, mais tous partagent une volonté commune : permettre au jeune de grandir et de construire son avenir.

Piero TURCHI, Directeur de l’ISTC et Co-Vice-Président Vie étudiante, va plus loin : pour lui, la vie étudiante constitue une composante à part entière de ce qui fait l’Université.

L’enjeu est donc de développer un véritable sentiment d’appartenance, qui ne se limite pas à l’école ou à la faculté dans laquelle l’étudiant est inscrit.

Le Schéma Directeur de la Vie Étudiante : une feuille de route commune

Pour donner corps à cette vision, l’Université Catholique de Lille s’est dotée d’un Schéma Directeur de la Vie Étudiante.

Ce document fixe un cap commun et permet de structurer les actions menées au sein des différentes composantes de l’Université.

Il repose sur trois grands axes :

– Accueillir tous les étudiants et favoriser leur insertion

– Prendre soin de la santé physique, psychique et spirituelle de tous les étudiants

– Favoriser et reconnaître l’engagement-étudiant sous toutes ses formes, sur des campus vivants et durables, en interaction avec la cité

Ces trois orientations sont ensuite déclinées en différentes thématiques et en plusieurs projets concrets.

Derrière ce document se trouve donc une ambition simple : faire de la vie étudiante un projet collectif et cohérent à l’échelle de toute l’Université Catholique de Lille.

Des lieux pour se rencontrer et créer du lien

Le premier enjeu est celui de l’accueil. Pour Caroline ROUSSEL, celui-ci commence par l’environnement dans lequel les étudiants évoluent.

Les lieux communs jouent un rôle essentiel. Ils permettent à des étudiants appartenant à des écoles ou facultés différentes de se rencontrer, d’échanger et de partager des expériences.

Cette volonté de créer des passerelles se traduit par plusieurs lieux emblématiques de la vie universitaire, parmi lesquels la Bibliothèque Universitaire Vauban, les restaurants universitaires et différents tiers-lieux.

Le Green en constitue un exemple. Cet espace de restauration peut, en dehors des heures de repas, devenir un véritable lieu de rencontre. Un étudiant peut y retrouver ses amis, échanger avec des étudiants internationaux, rencontrer des jeunes d’autres établissements ou simplement sortir de l’isolement.

All : des services pour répondre aux besoins du quotidien

Cette politique s’appuie notamment sur All, l’association qui regroupe tous les services de vie étudiante destinés aux étudiants de la Fédération.

Son action couvre des besoins très concrets du quotidien.

– Se loger : All dispose d’un parc d’environ 1 700 litsdestinés aux étudiants.

– Se restaurer : Le nombre de repas servis est passé d’environ 600 000 à près de 870 000 repas sur l’année universitaire. Cette augmentation s’explique notamment par le développement des points de restauration et par la volonté de couvrir les différents sites de la Fédération, notamment à Lille, Croix et Roubaix. Mais l’objectif n’est pas de rechercher uniquement la performance quantitative. Pour Piero TURCHI, il s’agit avant tout de proposer une alimentation accessible et de qualité, contribuant à l’équilibre de vie des étudiants.

– Prendre soin de sa santé : All intervient également dans le domaine de la santé, notamment à travers le Centre Polyvalent de Santé Universitaire, qui accueille médecins, psychologues et assistants sociaux.

– Pratiquer une activité sportive : Enfin, les équipements sportifs participent eux aussi à cette vision globale de la vie étudiante : prendre soin de son corps contribue au bien-être général et à l’équilibre nécessaire aux études.

Faire tomber l’image d’une université réservée aux plus favorisés

Une représentation est encore présente dans l’opinion : celle d’une Université Catholique de Lille réservée aux familles les plus favorisées. Caroline ROUSSEL réfute cette vision simplificatrice.

Les établissements de l’Université Catholique de Lille accueillent aujourd’hui des étudiants issus de milieux sociaux très variés. Certains disposent d’un environnement familial favorable, tandis que d’autres rencontrent des difficultés importantes pour financer leur parcours.

C’est précisément pour ces étudiants que les dispositifs d’accompagnement prennent tout leur sens. Restauration accessible, soins, espaces de travail, accompagnement social, logement ou encore soutien financier : l’objectif est de limiter les obstacles susceptibles de compromettre la réussite d’un étudiant.

Dans cette démarche, la Fondation de la Catho de Lille joue un rôle déterminant. Grâce au soutien des donateurs, elle contribue notamment au financement de dispositifs permettant d’accompagner des étudiants méritants confrontés à des difficultés financières, notamment à travers l’attribution de bourses au mérite.

L’enjeu dépasse la seule question financière : il s’agit de faire en sorte que les ressources d’un étudiant ne déterminent pas sa capacité à accéder à une formation de qualité.

Santé mentale : passer du constat à la prévention

La santé constitue le deuxième grand pilier du Schéma Directeur de la Vie Étudiante.

Au sein de l’Université Catholique de Lille, le Centre Polyvalent de Santé Universitaire (CPSU) constitue la principale structure d’accès aux soins. Les étudiants peuvent notamment y rencontrer des médecins, dont un gynécologue, des psychologues et des assistants sociaux.

Mais l’Université veut aller au-delà de la simple réponse aux problèmes de santé lorsqu’ils surviennent. « Le prendre soin, ça commence quand tout va bien », souligne Piero TURCHI. La prévention devient donc essentielle, particulièrement en matière de santé mentale.

Pour répondre aux enjeux de santé mentale, l’Université Catholique de Lille travaille également avec d’autres acteurs du territoire au sein du Conseil de Santé Mentale de la Métropole Européenne de Lille pour les étudiants (CSME). Cette instance réunit notamment l’Université de Lille, la région académique, l’ARS, le CROUS et les établissements publics de santé mentale. Le travail se déploie autour de deux priorités : développer l’information et la prévention auprès des étudiants, mais également améliorer l’accès aux soins.

Former les personnels à repérer les situations de détresse

La prévention passe également par la formation des personnels. Les collaborateurs sont formés aux premiers soins en santé mentale. L’objectif est de disposer de relais capables d’identifier une situation préoccupante, d’écouter un étudiant et de l’orienter vers la structure appropriée.

Pour Caroline ROUSSEL, cette évolution témoigne d’un changement culturel important. La santé mentale des étudiants est désormais davantage prise en compte et davantage évoquée. Les personnels doivent être informés, mais les étudiants également. Il s’agit de leur permettre de mettre des mots sur leurs difficultés et de ne plus considérer la demande d’aide comme un tabou.

L’engagement étudiant : apprendre autrement

Le troisième axe du Schéma Directeur concerne l’engagement étudiant.

À l’Université Catholique de Lille, celui-ci se manifeste notamment à travers une vie associative particulièrement riche. Plusieurs centaines d’associations sont présentes dans les différents établissements.

Ces associations permettent aux étudiants de développer des projets, de prendre des responsabilités et de se confronter à des situations concrètes. Mais l’objectif ne se limite pas à leur donner une expérience supplémentaire à inscrire sur un CV. Les projets peuvent également faire l’objet d’une relecture d’expérience : qu’a appris l’étudiant de son engagement ? Quelles compétences a-t-il développées ? Qu’a-t-il découvert sur lui-même ? Comment cette expérience peut-elle nourrir son projet personnel et professionnel ?

L’engagement devient ainsi un véritable espace d’apprentissage et de construction personnelle.

Les Trophées de l’Engagement : faire vivre les projets dans le temps

Pour encourager cette dynamique, l’Université Catholique de Lille organise chaque année les Trophées de l’Engagement.

Les associations peuvent présenter leurs projets dans le cadre d’un appel à projets. Plusieurs critères sont étudiés : l’impact social, citoyen ou solidaire de l’initiative, le nombre de bénéficiaires, ainsi que sa cohérence avec les valeurs de l’Université.

Les projets retenus bénéficient ensuite d’un soutien financier attribué par la Fondation de la Catho de Lille, dont l’enveloppe totale s’élève à 15 000€. Les dotations attribuées jouent un rôle concret : elles permettent notamment aux équipes étudiantes suivantes de poursuivre les initiatives engagées. Le financement contribue donc à inscrire l’engagement dans la durée.

Reconnaître les engagements qui se vivent en dehors du campus

L’engagement étudiant ne s’arrête évidemment pas aux portes de l’Université. Certains étudiants sont réservistes, sapeurs-pompiers volontaires, militaires, gendarmes ou engagés dans d’autres missions citoyennes. Ces engagements doivent pouvoir être reconnus dans le parcours universitaire. Cela peut passer par des autorisations d’absence lorsque les responsabilités exercées le nécessitent, afin que l’étudiant ne soit pas pénalisé lorsqu’il doit répondre à ses obligations, ou par des crédits ECTS d’engagement.

Cette reconnaissance reste encadrée et ne remplace évidemment pas les exigences académiques, mais elle donne une place officielle à l’engagement dans le parcours de formation. La même logique s’applique aux étudiants sportifs ou artistes de haut niveau. Pour ces profils, l’objectif est de faciliter la conciliation entre les études et une activité exigeante.

Une expérience universitaire qui dépasse le diplôme

Au fil de la chronique, une conviction se dessine : l’Université Catholique de Lille ne souhaite pas seulement former des diplômés. Elle entend accompagner des jeunes dans une période déterminante de leur vie.

Cette ambition se traduit par une approche qui associe formation, accueil, santé, alimentation, logement, sport, vie associative, engagement et développement personnel.

L’étudiant est considéré dans toutes ses dimensions. Cette conception explique également la complémentarité entre les établissements, les services de vie étudiante, les associations et la Fondation de la Catho de Lille. Chacun intervient à son niveau pour créer les conditions d’un parcours plus accessible, plus équilibré et plus épanouissant.

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